À la perte d'un être cher, de nombreuses personnes ont bien du mal à rédiger un discours juste et personnalisé. Pour vous aider, nous avons mis en ligne quelques beaux poèmes et textes d'adieux profonds...

 

1. Ne pleure pas si tu m'aimes

Ne pleure pas si tu m'aimes. Si tu savais le don de Dieu

et ce que c'est que le Ciel.

Si tu pouvais d'ici entendre le chant des Anges

et me voir au milieu d'eux.

Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons

et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche !

Si, un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté

devant laquelle toutes les beautés pâlissent.

Quoi, tu m'as vu, tu m'as aimé dans le pays des ombres

et tu ne pourrais ni me revoir, ni m'aimer dans le pays des immuables  réalités !

Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux

qui m’enchaînaient et, quand un jour que Dieu connaît et qu'il a fixé,

ton âme viendra dans ce ciel où l'a précédée la mienne,

ce jour-là tu me reverras, tu retrouveras mon affection épurée.

A Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse,

infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie,

je sois devenu moins aimant.

Tu me reverras donc, transfiguré dans l'extase et le bonheur,

non plus attendant la mort, mais avançant d'instant en instant avec toi

dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie.

Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m'aimes.

 

(Saint Augustin)

 

2. Au bord du vide

Nous voici aujourd'hui au bord du vide

Puisque nous cherchons partout le visage

que nous avons perdu.

Il était notre avenir et nous avons perdu notre avenir.

Il était des nôtres et nous avons perdu

cette part de nous-mêmes.

Il nous questionnait et nous avons perdu sa question.

Nous voici seuls, nos lèvres serrées sur nos pourquoi.

Nous sommes venus ici chercher,

chercher quelque chose ou quelqu'un.

Chercher cet amour plus fort que la mort.

 

(Paul Eluard)

 

3. Tiens-nous debout

A l'heure où la mort

risque de nous faire douter de la vie,

Seigneur, sois très fort avec nous,

Dis-nous tes promesses de salut.

Dis-nous ton Fils ressuscité,

dans cette nuit où il ouvre une brèche de lumière.

Tiens-nous debout.

Par la puissance de ton Saint-Esprit

guéris l'infirmité de notre foi.

Tiens-nous debout dans l'espérance.

Toi, le Dieu des vivants

nous remettons entre tes mains

(notre proche, notre ami...)

Au moment où la mort

le retranche du milieu de nous,

ouvre-lui toi-même les portes de la Vie.

Toi qui l'aimes plus fort que nous,

garde-le dans ton amour

garde-le avec ton Fils Jésus Christ

pour toujours, auprès de toi.

Amen.

 

4. Le papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,

Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur,

Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,

S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur,

Secouant, jeune encore, la poudre de ses ailes,

S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,

Voilà du papillon le destin enchanté!

Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,

Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,

Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

 

(Alphonse de Lamartine)

 

5. J’avais devant les yeux les ténèbres

L’abîme qui n’a pas de rivage et qui n’a pas de cime,

était là, morne, immense ; et rien n’y remuait.

Au fond, à travers l’ombre, impénétrable voile, je m’écriais :

« Mon âme, ô mon âme ! il faudrait, pour traverser ce gouffre,

où nul bord n’apparaît, et pour qu’en cette nuit jusqu’à ton Dieu tu marches,

bâtir un pont géant sur des millions d’arches.

Qui le pourra jamais ? Personne ! ô deuil ! effroi ! pleure ! »

Un fantôme blanc se dressa devant moi

et ce fantôme avait la forme d’une larme ;

c’était un front de vierge avec des mains d’enfants :

il ressemblait au lys que la blancheur défend :

ses mains en se joignant faisaient de la lumière.

Il me montra l’abîme où va toute poussière,

si profond que jamais un écho n’y répond ;

et me dit : « si tu veux je bâtirai le pont ».

Vers ce pâle inconnu je levais ma paupière.

Quel est ton nom ? lui dis-je. Il le dit : 'la prière'.

 

(Un pont géant - Victor Hugo - Poème écrit lors du décès de sa fille)

 

6. A toi qui as perdu un être qui t'était cher

Retiens les souvenirs qui t'ont tant fait frémir,

Tu déplores ta tristesse, tu maudis l'éphémère,

Tu rêves de sa main pour pouvoir la tenir,

Il entame une autre ère comme on joue un prélude,

Regarde autour de toi même si tu ne le vois pas,

Offre-lui quelques mots malgré les habitudes,

Ressens donc sa présence car son âme est vers toi,

Les ailes lui ont poussé, il est devenu ange,

Bien heureux et posé il guidera tes pas,

Il veut te sentir bien, que surtout rien ne change,

La mort des âmes n'est pas, écoute le tout bas,

Il viendra te trouver sous forme déguisée,

Et malgré son absence, il va te soutenir,

Il te lance un message, celui de continuer,

Sur le chemin de la vie il veut te voir sourire..

 

(Alexandra Jardin)

 

7. La mort n'est rien

L'amour ne disparaît jamais.

La mort n’est rien.

Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.

Je suis moi, tu es toi :

Ce que nous étions l’un pour l’autre,

Nous le sommes toujours.

Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.

Parle-moi comme tu l’as toujours fait.

N’emploie pas un ton différent.

Ne prends pas un air solennel ou triste.

Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison

Comme il l’a toujours été,

Sans emphase d’aucune sorte,

Sans trace d’ombre.

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.

Elle est ce qu’elle a toujours été.

Le fil n’est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de ta pensée

Parce que je suis hors de ta vue ?

Je t’attends, je ne suis pas loin,

Juste de l’autre côté du chemin.

Tu vois tout est bien.

 

(Henry Scott Holland)

 

8. Ne verse point de pleurs sur cette sépulture

Passant ; ce lit funèbre est un lit précieux,

Où gît d'un corps tout pur, la cendre toute pure ;

Mais le zèle du cœur vit encore en ces lieux.

Avant que de payer le droit de la nature,

Son âme, s'élevant au-delà de ses yeux,

Avait au Créateur uni la créature ;

Et marchant sur la terre elle était dans les cieux.

Les pauvres bien mieux qu'elle ont senti sa richesse

L'humilité, la peine, étaient son allégresse ;

Et son dernier soupir fut un soupir d'amour.

Passant, qu'à son exemple un beau feu te transporte ;

Et, loin de la pleurer d'avoir perdu le jour,

Crois qu'on ne meurt jamais quand on meurt de la sorte.

 

(Pierre Corneille)

 

9. Quelqu'un meurt

Et c'est comme des pas

Qui s'arrêtent.

Mais si c'était un départ

Pour un nouveau voyage...

Quelqu'un meurt,

Et c'est comme une porte

Qui claque.

Mais si c'était un passage

S'ouvrant sur d'autres paysages...

Quelqu'un meurt,

Et c'est comme un arbre

Qui tombe,

Mais si c'était une graine

Germant dans une terre nouvelle...

Quelqu'un meurt,

Et c'est comme un silence

Qui hurle.

Mais s'il nous aidait à entendre

La fragile musique de la vie...

 

(Benoît Marchon)

 

10. Je suis debout au bord de la plage

Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.

Il est la beauté, il est la vie.

Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit :

"Il est parti !"

Parti ? Vers où ?

Parti de mon regard. C'est tout...

Son mât est toujours aussi haut,

Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue est en moi,

Pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "il est parti !"

Il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,

S'exclament avec joie :

"Le voilà !"...

C'est cela la mort.

Il n'y a pas de morts,

il y a des vivants sur les deux rives.

 

(William Blake)

 

11. L'amour ne disparaît jamais...la mort n'est rien

Je suis seulement passé dans la pièce d'à côté. 

Je suis moi et vous êtes vous. 

Ce que nous étions les uns pour les autres,

nous le sommes toujours. 

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné. 

Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait. 

Ne changez rien au ton, 

Ne prenez pas un air solennel ou triste. 

Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. 

Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi. 

Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été. 

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié. 

Elle est ce qu'elle a toujours été. 

Le fil n'est pas coupé. 

Pourquoi serais-je hors de votre pensée,

simplement parce que je suis hors de votre vue? 

Je vous attends, je ne suis pas loin,

juste de l'autre côté du chemin. 

Vous voyez, tout est bien.

 

(Saint Augustin)

 

12. Puisque tu pars

Puisque l'ombre gagne

Puisqu'il n'est pas de montagne

Au-delà des vents, plus haute que les marches de l'oubli

Puisqu'il faut apprendre

A défaut de le comprendre

A rêver nos désirs et vivre des "ainsi soit-il"

Et puisque tu penses

Comme une intime évidence

Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire

Puisque c'est ailleurs

Qu'ira mieux battre ton cœur

Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir

Puisque tu pars

Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles

Sauront t'aimer mieux que nous puisque

L'on ne peut t'aimer plus

Que la vie t'apprenne

Mais que tu restes le même

Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu

Garde cette chance

Que nous t'envions en silence

Cette force de penser que le plus beau reste à venir

Et loin de nos villes

Comme octobre l'est d'avril

Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte Indélébile

Sans drame, sans larme

Pauvres et dérisoires armes

Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur

Puisque ta maison

Aujourd'hui c'est l'horizon

Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir

Mais pas trop tard

Dans ton histoire

Garde en mémoire

Notre au revoir

Puisque tu pars

J'aurai pu fermer, oublier toutes ces portes

Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l'as pas fait

J'aurai pu donner tant d'amour et tant de force

Mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez

Pas assez, pas assez, pas assez

 

(Jean-Jacques Goldman)

 

13. Cette nuit-là...

Cette nuit-là, je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre, il marchait, décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement :

- Ah ! Tu es là ...

Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore :

- Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort, mais ce ne sera pas vrai ...

Moi, je me taisais.

- Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.

Moi, je me taisais.

- Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces.

 

(Antoine de Saint-Exupéry - Le Petit Prince)

 

14. Tant de belles choses

Même s'il me faut lâcher ta main

Sans pouvoir te dire "à demain"

Rien ne défera jamais nos liens.

Même s'il me faut aller plus loin

Couper les ponts, changer de train,

L'amour est plus fort que le chagrin.

L'amour qui fait battre nos cœurs

Va sublimer cette douleur,

Transformer le plomb en or !

Tu as tant de belles choses à vivre encore.

Tu verras au bout du tunnel

Se dessiner un arc-en-ciel

Et refleurir les lilas.

Tu as tant de belles choses devant toi.

Même si je veille d'une autre rive,

Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive,

Je serai avec toi comme autrefois.

Même si tu pars à la dérive,

L'état de grâce, les forces vives

Reviendront plus vite que tu ne crois.

Dans l'espace qui lie le ciel et la terre

Se cache le plus grand des mystères

Comme la brume voilant l'aurore.

Il y a tant de belles choses que tu ignores :

La foi qui abat les montagnes,

La source blanche dans ton âme,

Penses-y quand tu t'endors :

L'amour est plus fort que la mort.

Dans le temps qui lie ciel et terre

Se cache le plus beau des mystères.

Penses-y quand tu t'endors :

L'amour est plus fort que la mort.

 

(Françoise Hardy)

 

15. Le souvenir

Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit.

C’est un immortel qui commence.

C’est pourquoi en allant confier où il dormira doucement à côté des siens,

en attendant que j’aille l’y rejoindre,

je ne lui dis pas adieu, je lui dis à bientôt.

Car la douleur qui me serre le cœur raffermit, à chacun de ses battements,

ma certitude qu’il est impossible d’autant aimer un être et de le perdre pour toujours.

Ceux que nous avons aimés et que nous avons perdus ne sont plus où ils étaient,

mais ils sont toujours et partout où nous sommes.

Cela s’appelle d’un beau mot plein de poésie et de tendresse : le souvenir.

 

(Doris Lussier)

 

16. Ne restez pas

Ne restez pas à pleurer autour de mon cercueil, 

Je ne m’y trouve – je ne dors pas.

Je suis un millier de vents qui soufflent, 

je suis le scintillement du diamant sur la neige,

Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr,

je suis la douce pluie d’automne, je suis l’envol hâtif.

Des oiseaux qui vont commencer leur vol circulaire quand tu t’éveilles dans le calme du matin,

je suis le prompte essor qui lance vers le ciel où ils tournoient les oiseaux silencieux.

Je suis la douce étoile qui brille, la nuit,

Ne restez pas à vous lamenter devant ma tombe, je n’y suis pas : je ne suis pas mort.

 

(Stevenson)

 

17. Pour une crémation

Et quand la flamme que tu as choisie comme ultime passage pour l’enveloppe qu’a contenue ta vie, 

aura rendu à la terre ce qui appartient à la Terre, et aura rendu au vent ce qui appartient au Vent, 

il restera de toi, l’essentiel : ce que tu as donné.

Et quand, un jour plus tard, les larmes de notre affection auront séché, 

alors en terre, en Vent, en feu, en Eau et en Amour,

tout aura été accompli de l’au-delà de ta destinée au cœur du Grand Mystère, 

un jour appelé Vie, trop tôt appelé Mort, en Dieu

 

(Philippe Grignard)

 

18. Il restera de toi

Il restera de toi ce que tu as donné

Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

Il restera de toi de ton jardin secret 

Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée

Ce que tu as donné, en d’autres fleurira

Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert, 

Entre tes bras ouverts un matin au soleil.

Il restera de toi ce que tu as perdu 

Que tu as attendu plus loin que tes réveils.

Ce que tu as souffert en d’autres revivra, 

Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée, 

Un sourire germé sur les yeux de ton cœur.

Il restera de toi ce que tu as semé, 

Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.

Ce que tu as semé en d’autres germera.

 

19. Tu t'en vas

Tu n’as pas attendu que soient tournées les pages que nous voulions écrire ensemble, 

tu t’en vas, et tu n’as pas attendu le temps de la moisson,

le temps de récolter ce qu’ensemble nous avions semé.

Tu t’en vas et tu n’as pas attendu que la maison soit finie, les enfants élevés.

Tu t’en vas et tu n’as pas attendu que nous prenions le temps de nous réconcilier 

avec ceux qui nous ont fait du mal, avec ceux que nous avons blessés.

Pourtant j’espère que Dieu t’attend, j’espère qu’Il te pardonnera 

ce que d’autres ne t’ont pas pardonné.

J’espère que Dieu fera mûrir les semences déposées en terre, 

les projets encore en devenir et les amitiés qui commençaient à fleurir.

 

(François Chagneau)

 

20. Au bout du monde

Au bout du monde, il n’y a pas de route, mais le terme d’un pèlerinage.

Au bout de l’ascension, il n’y a pas l’ascension, mais le sommet.

Au bout de la nuit, il n’y a pas la nuit, mais l’aurore.

Au bout de l’hiver, il n’y a pas l’hiver, mais le printemps.

Au bout de la mort, il n’y a pas la mort, mais la VIE.

Au bout du désespoir, il n’y a pas le désespoir, mais l’Espérance.

Au bout de l’humanité, il n’y a pas l’homme, mais l’Homme-Dieu.

Au bout du Carême, il n’y a pas le désert, mais la RESURRECTION.

 

(Joseph Folliet)

 

21. Hier, aujourd'hui, demain

Nous avions ensemble fait tant de choses. 

Et voilà que maintenant tu nous quittes.

Nous avons mangé, bu avec toi, nous avons partagé les soucis et les travaux quotidiens.

Avec toi, nous avons partagé tant de projets et tant d’espoirs ;

Il y a tant de choses encore que nous aurions voulu faire ensemble. 

Mais cela semble s’arrêter aujourd’hui et ce n’est plus ensemble 

que nous allons réaliser ce que tu espérais.

Nous voudrions nous souvenir de toi, continuer de travailler à tout ce que tu attendais, 

à tout ce que tu espérais.

Comme un mur, la mort nous sépare, de toi, comme le souffle du vent qui balaie les obstacles,

notre amitié, notre affection et notre espérance s’en iront te rejoindre 

là où désormais tu nous attends

près de Dieu.

 

22. La vie n'a pas d'age

La vie n’a pas d’âge

La vraie jeunesse ne s’use pas.

On a beau l’appeler souvenir,

On a beau dire qu’elle disparaît,

On a beau dire et vouloir dire que tout s’en va,

Tout ce qui est vrai reste là.

Quand la vérité est laide,

C’est une bien fâcheuse histoire.

Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir.

Les gens très âgés remontent en enfance

Et leur cœur bat là où il n’y a pas d’autrefois.

 

(Jacques Prévert)

 

23. Papa

Lorsque je prononce ce mot : 

'Papa', mon cœur se remplit de tendresse.

Du plus loin que je me souvienne,

Tu as toujours été pour moi un homme fort

Que je respectais, que je craignais, que j’aimais.

Tout enfant, il t’arrivait de me hisser sur les épaules,

Mes jambes autour de ton cou,

Mes mains dans tes mains.

Et il me semblait alors que je dominais le monde.

Merci de t’être fait tout petit

Quand tu jouais avec moi

Merci d’être devenu si grand

Quand j’avais besoin de toi.

Tu es l’arbre dont nous sommes les rameaux

Tu es le pilier de notre famille

Tu es celui qui nous a donné un nom

Tu es mon père !

 

24. A mon mari

Je voudrais te dire… des mots légers

Aussi légers qu’une bulle de savon…

Je voudrais te dire… des mots simples

Aussi simples que l’eau pure d’une source

Je voudrais te dire… des mots doux

Aussi doux que le miel de l’abeille…

Je voudrais te dire… des mots violents

Aussi violents qu’un orage…

Je voudrais te dire… des mots fous

Aussi fous que les battements de mon cœur…

Je voudrais te dire, tout simplement : "Je t’aime"

 

25. Vivre et croire

C’est aussi accepter que la vie contient la mort

et que la mort contient la vie.

C’est savoir, au plus profond de soi,

qu’en fait, rien ne meurt jamais.

Il n’y a pas de mort,

il n’y a que des métamorphoses.

Tu ne nous as pas quittés

Mais tu t’en es allé au pays de la Vie,

Là où les fleurs

Plus jamais ne se fanent,

Là où le temps

Ne sait plus rien de nous.

Ignorant les rides et les soirs,

Là où c’est toujours matin,

Là où c’est toujours serein.

Tu as quitté nos ombres,

Nos souffrances et nos peines.

Tu as pris de l’avance

Au pays de la Vie.

Je fleurirai mon cœur

En souvenir de toi,

Là où tu vis en moi,

Là où je vis pour toi.

Et je vivrai deux fois…

 

(Père André Marie)

 

26. Tu es vivant

Tu ne parles plus mais tu es vivant. 

Tu ne bouges plus mais tu es vivant. 

Tu ne souris plus mais en arrière de tes yeux tu me regardes. 

De très loin ? Peut-être de très près, je ne sais rien de ces distances. 

Je ne sais plus rien de toi, mais tu sais maintenant davantage de choses sur moi. 

Tu es en Dieu. 

Je ne sais pas ce que cela peut vouloir dire mais sûrement ce que tu voulais 

et ce que je veux pour toi. 

Je le crois. Toute ma foi, je la rassemble. Elle est maintenant mon seul lien avec toi. 

Jésus, donne-moi de croire à ta victoire sur la mort Celui que j'aime veut entrer dans ta joie. 

S'il n'est pas prêt, je te prie pour lui. Achève sa préparation. 

Pardonne-lui comme tu sais pardonner.

Aide-moi à vivre sans sa voix, sans ses yeux, 

Que je ne le déçoive pas maintenant qu'il va me voir vivre et m'attendre.

 

(André Sève)

 

27. Lettre venue d'ailleurs

Tu as souhaité m'écrire, laissant le soin aux nuages,

le soin de me transmettre ton message.

Cette seule intention m'autorise à te répondre

afin de te dire qu'en partant, j'ai bien emporté

toute la richesse et l'amour de notre vécu,

et, si du poids de mon corps je me suis allégé,

je n'en reste pas moins, dans l'ombre, à tes côtés.

Dès lors, si tu es à la recherche de notre hier,

laisse voguer en toi les pensées et les rêves,

car, dans ces voyages, nous nous retrouverons

pour vivre ensemble cette intime complicité,

et donner ainsi toute sa force à son éternité.

Que la caresse du vent, un rayon de soleil,

une étoile filante ou une goutte de pluie

soient les anges porteurs de cet écrit

pour en traduire auprès de toi le sentiment,

afin que, laissant de côté regrets comme oublis,

tu vives intensément chaque moment de la vie.

 

(Michel Thivent)

 

28. Une petite flamme

Une petite flamme

Un éclat de lumière

Fragile et solitaire

Perdu dans l'univers

Une petite flamme

Qui vacille parfois

Dans le triste et le froid

Mais qui ne s'éteint pas

Une petite flamme

A peine une étincelle

Silencieuse et fidèle

Comme un écho du ciel

Une petite flamme

Eclairant le chemin

Et chassant l'air de rien

Les noirceurs du chagrin

Elle me disait mon rêve à moi

C'est chanter le feu de mon âme

Et embraser ce que je vois

Moi je voudrais devenir flamme

Devenir une flamme

Brûler par tous les temps

Et répondre en dansant

Aux colères du vent

Devenir une flamme

Et donner sans compter

Tout l'or d'un feu sacré

Sans jamais l'épuiser

Devenir une flamme

Et chanter l'éphémère

L'exil de la lumière

La brûlure du mystère

Devenir une flamme

Faire reculer le noir

Et rallumer l'espoir

Aux grisailles des regards

Elle me disait mon rêve à moi

C'est dissiper le vague à l'âme

Faire voler le rire en éclats

Devenir un jour une flamme

Etre un jour une flamme

Pouvoir vaincre la nuit

Sans combat et sans bruit

D'une étincelle de vie

Etre un jour une flamme

Et brûler l'inutile,

L'encombrant, le futile

Et les guerres imbéciles

Etre un jour une flamme

Qui se tait et espère

Silencieuse prière

Quand le monde se perd

Etre un jour une flamme

Légère comme une aile

Et semer dans le ciel

Des milliers d'étincelles

Elle me disait mon rêve à moi

Quand je serai une vieille dame

C'est d'être passionnément là

Et ne plus être qu'une flamme

N'être plus qu'une flamme

Une flamme qui danse

Obstinée dans l'enfance

N'être qu'incandescence

N'être plus qu'une flamme

N'être qu'une lueur,

Un éclat, une chaleur

Un murmure du cœur

N'être plus qu'une flamme

N'avoir pour seul recours

Que de brûler toujours

D'infini et d'amour

N'être plus qu'une flamme

N'être qu'une poussière

D'étoile qui éclaire

A des années-lumière

Et brûler comme un feu de joie

Chauffant le corps autant que l'âme

Même en cendres, renaître, tu vois

Pour redevenir une flamme

Une petite flamme

Qui chante l'éphémère

Un éclat de lumière

Dansant dans l'univers

 

(Fabienne Marsaudon)

 

29. Prière pour la paix

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,

Là où est la haine, que je mette l'amour.

Là où est l'offense, que je mette le pardon.

Là où est la discorde, que je mette l'union.

Là où est l'erreur, que je mette la vérité.

Là où est le doute, que je mette la foi.

Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler,

à être compris qu'à comprendre,

à être aimé qu'à aimer.

Car c'est en se donnant qu'on reçoit,

c'est en s'oubliant qu'on se retrouve,

c'est en pardonnant qu'on est pardonné,

c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

 

(Prière attribuée à Saint François d'Assise)